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Le Petit Campus s’est enflammé vendredi soir lors de la prestation en plateau double de DVTR + Les Breastfeeders, qui avait lieu dans le cadre de la 39e édition de Coup de cœur francophone. Leur musique exaltante aux messages punk a su toucher un public à la fois nostalgique et accablé par de récents événements à travers le monde. La soirée présentée par ICI musique voulait mettre de l’avant la scène alternative souvent laissée à elle-même par la radio et les médias populaires.
La soirée a débuté avec la performance du jeune groupe de « musique rapide » DVTR (D’où vient ton riz?), composé de Demi Lune (Laurence G-Do) et Jean Divorce (JC Tellier), qui a entamé la soirée avec Rhum cokeMD. Le duo (ainsi que leurs musiciens cagoulés) a su animer un public qui au départ était un peu discret. Les deux artistes ne se sont d’ailleurs pas gênés de dire aux gens de se rapprocher de la scène à quelques reprises. Lorsque des braves ont franchi la barrière imaginaire qui séparait la scène des adeptes, Demi Lune a saisi l’occasion d’introduire la chanson Les flics sont des sacs à merde en demandant à un membre du public s’il aimait la police, à quoi il s’est exclamé « NON ! ».

Dans ses compositions, DVTR dénonce des problèmes sociaux, comme la pauvreté ainsi que la discrimination basée sur l’ethnicité et le genre, le tout sur des rythmes entraînants et des sons accrocheurs. Dans ses textes, le groupe use beaucoup des répétitions et dans leurs performances, la théâtralité et l'expressivité sont très importantes pour divertir, mais aussi pour faire passer leurs messages. Le duo utilise aussi l'ironie et l'humour dans ses chansons, et même dans ses costumes. La chanteuse était en effet vêtue d'une robe représentant un corps de femme sexualisé qui ne concorde pas du tout avec les paroles des chansons.

On a eu droit à plusieurs nouvelles chansons du groupe émergent, dont une disant aux filles « qu’elles peuvent faire ce qu’elles veulent ». Même quand le micro de Demi Lune s’est débranché alors qu’elle était dans le moshpit, elle n’a pas arrêté sa prestation, comme si c’était prévu au spectacle. Malgré la pluie de novembre, DVTR a réussi à réchauffer les spectateurs pour Les Breastfeeders, notamment avec sa reprise de Pied de poule, qui invitait le public à « danse, danse, danse, danse, danse plus ».
Les mythiques Breastfeeders sont ensuite entrés en scène avec leur chanson J’entends les tambours. La foule, maintenant bien à l’aise, s’est immédiatement mise à danser. Formés des membres plus anciens Luc Brien, Johnny Maldoror (Martin Dubreuil) et Joe (Jocelyn Gagné), puis des plus récents, Karine Roxane Isabel, Dan Bossé (absent hier soir) et Max Hébert, Les Breastfeeders ont interprété plusieurs morceaux de leur dernier album, La ville engloutie. Puis, pour satisfaire les admirateurs nostalgiques, ils ont aussi joué des chansons plus anciennes, mais toujours d’actualité, comme Tout va pour le mieux dans le pire des mondes, du temps où Fred Fortin était à la batterie.

Les Breastfeeders animent les admirateurs de rock alternatif et indépendant de Montréal depuis 1999. Dans leur musique aux airs de rock’n’roll français, le punk réside surtout dans les paroles qui dénoncent des enjeux similaires au groupe précédent. Avant d’interpréter la chanson On ne prête qu’aux riches, par exemple, le chanteur a précisé qu’il était tanné que « tout appartienne aux gens qui ont déjà tout », ce qui a particulièrement fait réagir la foule.
C’est le malicieux Johnny Maldoror (Martin Dubreuil), armé de son tambourin, qui a gardé la foule alerte en s’y joignant à plusieurs reprises et en en mettant plein la vue avec ses acrobaties et danses de tout genre. Puis, la foule a semblé apprécier le talent et l’énergie de Karine Roxane Isabel ainsi que l'attitude du chanteur et guitariste Luc Brien.

Enfin, le groupe a incité le public à penser à une personne qu’ils détestent (en nous donnant quelques suggestions) avant d’interpréter sa chanson Corsaire Satan. Pour redonner un peu d’espoir à la foule, ils ont conclu avec Ça ira, puis sont revenus en rappel pour nous dire qu’ils avaient le temps d’interpréter une seule chanson. En vrais punks-rockers, ils ont ensuite enfreint cette consigne et conclu avec deux chansons : Mes lunettes noires et Amoureux solitaire.
Pour plus d'informations sur la programmation de Coup de cœur francophone 2025, rendez-vous ici.
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