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Avec La dérive des continents (au sud), Lionel Baier poursuit son exploration européenne, mêlant politique, crise migratoire et relations familiales. Entre humour léger et gravité sous-jacente, le film séduit par ses intentions mais laisse un goût d’inachevé, comme si les ambitions du réalisateur se heurtaient à un scénario trop dispersé.
Le film débute sur un terrain politique brûlant : Nathalie Adler (interprétée par Isabelle Carré), fonctionnaire de l’Union européenne, prépare la visite d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel dans un camp de migrants en Sicile. La mission, hautement symbolique, vise à montrer que tout est sous contrôle. Mais très vite, le récit se complexifie avec l’arrivée impromptue d’Albert (interprété par Théodore Pellerin), fils rebelle de Nathalie et militant auprès d’une ONG.

Si l’intention est louable, le film peine à relier ces deux lignes narratives. Les retrouvailles mère-fils, tout comme la satire politique, restent à la surface : aucun des enjeux n’est pleinement exploité. Les personnages semblent parfois agir sans logique, et plusieurs axes narratifs amorcés ne sont jamais développés. On admire le talent des acteurs et actrices, mais l’écriture impulsive laisse un sentiment de flottement, et le spectateur navigue sans boussole narrative.
Lionel Baier tente d’aborder des thèmes sérieux — immigration, racisme, Europe en crise — avec un humour subtil et une ironie malicieuse. Certaines séquences, comme la mise en scène du camp transformé en « Club Med » pour migrants, offrent un contrepoint comique réussi. Mais le choix de centrer l’histoire sur les Occidentaux limite l’impact du propos. Les migrants et migrantes, pourtant au cœur de la crise, ne sont que figurants, reléguant les véritables enjeux au second plan.

Le film veut dénoncer, réfléchir et faire rire, mais reste coincé entre satire et drame familial, sans jamais trancher. Les bonnes idées abondent, mais aucune n’atteint pleinement son objectif.
C’est dans l’intime que le film aurait pu trouver son véritable socle. Les scènes entre Nathalie et Albert, souvent portées par un humour discret et une tendresse maladroite, apportent un souffle de légèreté précieux au milieu du chaos politico-administratif. Mais derrière ces éclats sensibles se cache un conflit d’une profondeur que le film ne fait qu’effleurer : adolescent, Albert a rompu avec sa mère après qu’elle a révélé son homosexualité, incapable de concilier son propre besoin de repères avec cette vérité qu’il a vécue comme une trahison.

À cette blessure intime s’ajoute aujourd’hui son ressentiment idéologique : lui, militant de terrain, la perçoit comme une fonctionnaire technocrate participant à l’hypocrisie européenne qu’il combat. Ce double nœud — affectif et politique — aurait pu devenir la colonne vertébrale du film, un espace où le privé et le public se répondent réellement. Or, Lionel Baier n’en développe que les contours.
Les éclats de rapprochement existent, mais la trajectoire émotionnelle reste discontinue, comme si le film oscillait entre l’envie de creuser et la peur de s’y attarder. Résultat : une relation touchante, parfois drôle, mais trop survolée pour atteindre la puissance qu’elle promettait. On devine la vérité de leurs blessures, mais elle reste en suspens, comme laissée sur le pas de la porte du récit.
La dérive des continents (au sud) montre toute la singularité de Lionel Baier et son amour pour les êtres humains. Son regard empathique et sa capacité à traiter des sujets graves avec légèreté sont indéniables. Cependant, la forme peine à soutenir le fond. L’humour, le jeu et quelques trouvailles visuelles ne suffisent pas à combler les lacunes d’un scénario dispersé et parfois incohérent. On ressort de la salle intrigué mais frustré : beaucoup d’idées intéressantes, mais trop peu de profondeur. Le film laisse sur sa faim, à mi-chemin entre satire politique et drame familial, et pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses.
Un film qui charme par son ton et ses intentions, mais qui pêche par un scénario éclaté et une exploitation inégale de ses thèmes. Lionel Baier reste un cinéaste à suivre, mais cette dérive-là ne trouve pas entièrement son cap.
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