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J’ai découvert le film Deux pianos d’Arnaud Desplechin ce vendredi 14 novembre, présenté en première québécoise au Monument-National dans le cadre du festival Cinemania. La séance, ponctuée d’échanges avec le réalisateur avant et après la projection, laissait présager un moment fort de la programmation. Pourtant, malgré la noblesse de ses intentions et son casting prestigieux, le film se révèle au final assez décevant.
Le récit suit Mathias Vogler, un pianiste virtuose interprété par François Civil, de retour en France après un long exil au Japon. Sa mentore Elena, incarnée par la toujours impeccable Charlotte Rampling, souhaite remonter avec lui sur scène à l’Auditorium de Lyon. À cette intrigue de retour aux sources s’ajoute rapidement un fil narratif plus intime : Mathias croise un enfant qui lui ressemble étrangement, rencontre qui le mène vers Claude, interprétée par Nadia Tereskiewics, son amour de jeunesse, et vers un passé qu’il croyait enfoui. Le film prend alors une tournure hybride, entre drame psychologique et romance contrariée.
Mais c’est précisément dans cette hybridité que Deux pianos se perd. Les quarante-cinq premières minutes plongent le spectateur dans une confusion presque volontaire, où les comportements étranges et certaines scènes lunaires — comme l’évanouissement de François Civil devant un ascenseur — donnent le sentiment d’avoir affaire à un film fantastique sans jamais oser l’assumer.
L’intention artistique aurait pu être louable si le scénario n’était pas aussi creux : les dialogues manquent de profondeur, les échanges paraissent plats, et les personnages peinent à exister autrement que comme des figures quasi archétypales, rappelant parfois les personnages figés des tragédies grecques.

François Civil est pourtant très investi. Il a appris le piano pour le rôle, et ses performances musicales, réellement jouées, sont parmi les plus beaux moments du film. Cependant, il se retrouve entravé par une écriture qui ne lui donne jamais la matière nécessaire pour faire exister son personnage. La sincérité de son jeu se heurte à des lignes trop vides pour sonner juste. Charlotte Rampling, quant à elle, est superbe, parfaitement en place, mais son personnage est étrangement écarté en milieu de récit pour laisser toute la place à la romance entre Mathias et Claude.
Or cette romance est l’un des points les plus problématiques du film. Claude, mal écrite, semble n’exister qu’à travers un fantasme de jeunesse. Leur relation repose sur un schéma daté — « fuis-moi je te suis » — qui rend le tout non seulement prévisible, mais complètement toxique. Ce personnage, à la fois mère hystérisée et veuve inconséquente, ajoute à la sensation d’un film qui peine à comprendre ses propres figures féminines. Son interprétation, souvent crispante, ne bénéficie d’aucun contrepoint dans un scénario qui aurait eu besoin de nuance.
Heureusement, certains moments rompent cette monotonie dramatique : Hippolyte Girardot et le jeune acteur incarnant l’enfant offrent des scènes étonnamment drôles et naturelles, pleines de spontanéité. Ce sont des respirations dans un film qui s’enfonce dans une forme de nostalgie légèrement problématique.
Cette nostalgie transparaît jusque dans les détails : les personnages qui fument dans les taxis, cigarettes jetées par la fenêtre, voitures garées sur des pistes cyclables sans la moindre gêne. Une manière de filmer qui donne parfois l’impression que Desplechin est nostalgique d’une époque où les relations toxiques étaient perçues comme romanesques, où la cigarette était un accessoire photogénique, et où les comportements inconséquents passaient pour du charme. Le film ne semble pas en phase avec son époque, et cette dissonance le rend, à mes yeux, bien moins intéressant.

Pourtant, il faut reconnaître que l’esthétique du film est magnifique. Dans une ambiance légèrement sépia, Lyon est filmée avec un soin immense. Les quais, les places, les pavés, les rues pentues… tout est sublimé. Pour qui connaît la ville, il y a un réel plaisir à la reconnaître, à s’y replonger, à la redécouvrir comme terrain cinématographique.
En conclusion, malgré quelques belles idées, une photographie soignée et le talent réel de certains des acteurs, je n’ai pas été conquise par ce film. Sa narration confuse, son écriture datée et ses relations toxiques mal déguisées sous le vernis du romanesque rendent l’expérience quasi insupportable.
Mais, si Deux pianos ne m’a pas convaincue, je recommande vivement de profiter du festival Cinemania, qui se poursuit jusqu’au 16 novembre, pour découvrir d’autres propositions francophones, souvent audacieuses, riches et stimulantes. Plus d’informations ici.
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