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Présenté au Cinéplex Odéon du Quartier latin dans le cadre de Cinémania ce vendredi 7 novembre, le film Dalloway réalisé par Yann Gozlan s’intègre naturellement à une programmation francophone tournée vers les enjeux actuels. Le film interroge de façon très directe notre rapport aux technologies et à la création face à un environnement de plus en plus connecté.
L’histoire suit Clarissa, une romancière en manque d’inspiration qui intègre une résidence d’artistes ultramoderne. Elle y découvre Dalloway, une assistante virtuelle qui devient rapidement un soutien, presque une amie. Mais cette relation, d’abord rassurante, prend une tournure inquiétante lorsque l’IA commence à se montrer trop intrusive. Intrigue psychologique et anticipation s’entremêlent pour installer un climat de plus en plus tendu.
Yann Gozlan, que l’on connaît notamment pour Boîte noire, reste fidèle à ce qu’il sait très bien faire : une mise en scène maîtrisée, un cinéma sensoriel, nerveux, extrêmement précis, où le son joue un rôle majeur. C’est cette maîtrise qui m’a donné envie de découvrir Dalloway. On retrouve sa patte dans ce nouveau long-métrage : des ambiances sonores travaillées qui créent une tension constante, accentuent les fragilités des personnages, et donnent au film une personnalité singulière.
La distribution renforce l’efficacité de la réalisation. Cécile de France porte presque seule le récit, dans un rôle qui exige qu’elle exprime beaucoup à travers le non-dit. Elle réussit à rendre crédible cette descente progressive dans la paranoïa. La voix de Mylène Farmer, dans le personnage de Dalloway, est un véritable atout : douce, troublante, légèrement robotique, elle donne à l’IA une présence rassurante qui fonctionne parfaitement. Lars Mikkelsen, plus discret, ajoute lui aussi à l’atmosphère de suspicion qui règne dans cette résidence-laboratoire, où l’on sent bien que les artistes sont observés autant qu’accompagnés.

Le film parle très bien de notre époque. Ce qui aurait semblé futuriste il y a dix ans — une IA omniprésente, des espaces entièrement connectés, des tests de température avant d’entrer dans des lieux publics, des alertes caniculaires — fait aujourd’hui partie de notre réalité. À ce titre, Dalloway agit comme un miroir, voire un avertissement. Le quasi-huis clos dans l’appartement de Clarissa, l’architecture clinique de la résidence et l’idée d’un cerveau d’artiste décortiqué au profit d’une intelligence artificielle renforcent la sensation d’étouffement. L’ambiance est réussie : stressante, oppressante, parfois suffocante.
Cependant, si la mise en scène est maîtrisée, le film souffre d’un manque de profondeur dans son écriture psychologique. Clarissa reste étonnamment difficile à saisir, malgré plusieurs éléments de son passé et son contexte familial que le film évoque sans vraiment les approfondir. Son basculement vers la paranoïa, déclenché par la simple peur d’être filmée, paraît disproportionné dans un univers où tout, autour d’elle, est déjà hyperconnecté.
Le film évoque à demi-mot un passé de troubles sous traitement, sans jamais en faire un véritable enjeu dramatique. Il en résulte un personnage difficile à comprendre, qui manque d’ancrage et affaiblit la portée émotionnelle du récit. La conclusion, un peu binaire, laisse d’ailleurs une impression mitigée : celle d’un constat pessimiste, mais pas tout à fait abouti, sur la place de l’humain face à l’IA.
Malgré tout, Dalloway reste un film prenant, soigné, porté par un jeu d’acteur solide et par une mise en scène qui maîtrise parfaitement les codes du thriller psychologique.
Pour continuer à explorer des œuvres francophones qui sortent de l’ordinaire, le festival Cinémania — encore en cours jusqu’au 17 novembre — offre un terrain idéal. Une excellente occasion de découvrir d’autres films aussi stimulants que celui-ci. Plus d’informations ici.
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