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Le lundi 11 mai a marqué le début des Sommets du cinéma d’animation à la Cinémathèque québécoise. Pour ouvrir cette 24e édition, la programmation a fait le choix de diffuser pour sa première canadienne The Square de Kim Bo-sol. Le film s’est déjà fait sa place sur la scène du cinéma d’animation après avoir reçu le prix du jury Contrechamp au Festival international du film d’animation d’Annecy et le Prix du gouverneur au Tokyo Anime Award Festival (TAAF).
Isak Borg est un diplomate suédois travaillant à l’ambassade de Pyongyang (Corée du Nord). Sa vie est plutôt confortable, surtout comparée à celle des locaux — il a son propre appartement et ne rencontre pas de difficultés financières. Cependant, à cause des politiques répressives du pays, un garde est constamment positionné à l’entrée de son immeuble. Plutôt solitaire, Borg a réussi à créer une relation avec Seo Bok-joo, une agente de la circulation locale. Ils se rencontrent en secret, presque clandestinement, mais leur relation continue tout de même de grandir malgré les risques qu’elle encourt s’ils se font attraper.
Quand sa mission à Pyongyang arrive sur la fin et qu’aucune possibilité de renouvellement ne semble envisageable, Borg se retrouve dans l’obligation de demander de l’aide à son interprète pour retrouver Seo Bok-joo qui a mystérieusement disparu.
Pour sa première réalisation, Kim Bo-sol offre un récit aussi riche que bien ficelé, s’inspirant des éléments narratifs préférés de la Corée : la Corée du Nord et le mélodrame. Il présente ici un récit particulièrement mélancolique se mêlant à la perfection avec les aspects techniques de la production.
L'hiver s'impose comme un personnage à part entière dans The Square. Les paysages enneigés de Pyongyang, traités dans une palette froide et retenue, instaurent dès les premières images une atmosphère de mélancolie contenue. Le minimalisme visuel n'est pas une contrainte budgétaire subie, mais un choix esthétique assumé : chaque plan, parfois proche de la peinture, porte en lui le poids silencieux de l'oppression et la douleur d'un amour condamné à rester dans l'ombre.
The Square réussit le pari délicat de conjuguer profondeur émotionnelle et tension politique. Au fil du récit, la quête d'Isak pour retrouver Bok-joo transforme peu à peu la romance en thriller, les rues de Pyongyang — omniprésentes, surveillées, silencieuses — devenant le théâtre d'une enquête aussi intime que dangereuse. Le tout sans jamais sacrifier la dimension poétique qui traverse le film de bout en bout.

Le choix du nom du protagoniste ne doit rien au hasard : en baptisant son diplomate suédois Isak Borg, Kim Bo-sol convoque explicitement le fantôme d'Ingmar Bergman, dont le héros des Fraises sauvages (1957) porte le même nom. Le fait qu'il travaille précisément à l'ambassade de Suède à Pyongyang achève de souligner cette filiation ; un dialogue discret mais assumé avec le cinéma du maître scandinave.
Cette mélancolie savamment construite à l'image trouve un écho immédiat dans la bande originale signée par Jeong Yong-jin, compositeur coréen reconnu pour ses longues années de collaboration avec le cinéaste Hong Sang-soo, une filiation qui dit beaucoup sur sa sensibilité minimaliste, intérieure et profondément juste.
Il y a d’abord le vent. Ce bruit omniprésent dans les rues enneigées de Pyongyang que Kim Bo-sol ne traite pas comme un simple effet d'ambiance, mais comme un véritable instrument à part entière de la partition. Sourd, continu, légèrement oppressant, il s'intègre à la musique de Jeong Yong-jin pour former un tout cohérent — comme si la ville elle-même participait à la composition, ajoutant sa voix froide et surveillante à cette histoire d'amour impossible.
Mais au-delà de cette présence sonore singulière, ce qui frappe dans cette bande originale, c'est son pouvoir d'anticipation. La musique ne commente pas l'image, elle la précède. Elle installe l'émotion avant même que le plan ne soit là pour la justifier, guidant le spectateur avec une douceur presque imperceptible, comme une main tendue dans l'obscurité. On se laisse porter sans résistance, bercé par des textures sonores qui épousent parfaitement le souffle lent et retenu de l'animation. Car c'est peut-être là le message le plus profond que The Square choisit de murmurer plutôt que de crier : la solitude n'est pas l'absence des autres. Elle est leur présence sans contact, leur proximité sans chaleur. Isak évolue dans une ville peuplée, surveillée, grouillante de règles et de regards et est pourtant radicalement seul. La musique de Jeong Yong-jin porte cette contradiction avec une justesse troublante, creusant en silence cet espace vide entre les êtres.
The Square s'impose comme l'un des films d'animation les plus singuliers de ces dernières années, et son choix comme film d'ouverture des Sommets du cinéma d'animation n'a rien d'anodin. Le festival se poursuit jusqu'au 16 mai à la Cinémathèque québécoise, l'occasion de découvrir d'autres œuvres qui, comme celle de Kim Bo-sol, témoignent de la vitalité et de la diversité du cinéma d'animation international.
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