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La programmation des Sommets du cinéma d’animation continue de s’écouler, et c’est à la présentation du Best of Annecy 2025 que je me suis rendue. Imaginez un tour du monde de l'animation en 76 minutes, assis dans une salle de cinéma à Montréal. C'est exactement ce qu’a proposé cette soirée.
Chaque année, le Festival international du film d'animation d'Annecy crée un programme « Best of » qui rassemble une sélection de courts-métrages issus de sa dernière édition, dont une majorité de films primés, ainsi qu'un générique réalisé par les étudiants de deuxième année de GOBELINS Paris. Ce programme voyage ensuite dans le monde entier afin de faire profiter tous les amateurs de cet art. L'édition 2025 du festival (49e du genre) s'est déroulée du 8 au 14 juin à Annecy, et c'est Les Bottes de la nuit de Pierre-Luc Granjon qui a remporté le Cristal du court-métrage.
La soirée a commencé avec la projection de Zwermen, réalisé par Janneke Swinkels et Tim Frijsinger. Piet, un vieil homme en maison de soins, se trouve limité dans ses actions quand il commence soudainement à se transformer en oiseau. Bien qu'il soit toujours accepté dans le groupe, il ressent qu'il est temps de rejoindre une nouvelle volée. Ce film m’a particulièrement touchée. J’y ai vu une très belle allégorie de la mort : ce vieil homme est attiré vers un autre voyage, se sent tiraillé vers les oiseaux qui l’invitent à voler avec eux, tout en ayant envie de s’intégrer parmi ses pairs.
Sa transformation en oiseau n’est pas évidente : son souhait de partager des moments avec les autres pensionnaires se voit vite restreint par sa différence. Petit à petit, il s'ostracise, pour finalement prendre son envol, laissant derrière lui une simple chambre vide. Côté animation, je n’ai pas pu m’empêcher d’être admirative du travail effectué ; je n’ose imaginer le temps qu’a pris chaque mouvement, chaque expression faciale. Le stop-motion est un travail de longue haleine, mais le rendu à l’écran le rend si simple qu’il est facile de passer outre la technicité de ce que nous avons sous les yeux.
Le deuxième film, At night de Pooya Afzali, est une adaptation du poème Paris at night de Jacques Prévert. Visuellement, le travail est évidemment magnifique. C’est toutefois la musique qui rend cette animation si vivante. Les instruments deviennent les bombes qui bombardent la ville, les rythmes, les battements de cœur des personnages, suspendus dans un avenir incertain.
Toujours en poésie, le troisième visionnage a mis en lumière la poétesse Sappho, ayant vécu sur l’île de Lesbos vers 600 avant notre ère. Dispersés au fil du temps, ses poèmes ne laissèrent derrière eux qu’environ 200 fragments. La réalisation de Rosana Urbes est en elle-même un poème. Visuellement, nous sommes transportés dans une esthétique naturelle, décorée de végétation et du bruit du vent. Les dessins sont tracés au fusain au fur et à mesure que se profile l’histoire. Ce film a été une véritable bouffée d’air frais au milieu des autres présentations aux messages plus lourds.
Les projections se sont enchaînées, et l’avant-dernier film de la soirée, Les Bêtes, réalisé par Michael Granberry, a été lancé. L’histoire ? Un lapin mystérieux doté d'un jeu de clés magiques invoque une foule d'étranges créatures pour divertir un méchant roi et sa cour décadente dans ce sombre fantasme inspiré des œuvres de Ladislas Starevich. Je n’ai personnellement pas aimé cette projection. En revanche, je salue sa réalisation. Une nouvelle fois en stop-motion, ce visionnage m’a rendue mal à l’aise. L’univers est sombre, les personnages déliquescents… J’ai difficilement réussi à garder les yeux sur l’écran, et c’est là que j’admire le travail effectué sur ce film.
Après une telle projection, j’ai été plus que ravie de terminer la soirée avec Les bottes de la nuit de Pierre-Luc Granjon. Ces douze minutes ont été les plus douces qui soient. Alors que ses parents reçoivent des amis, un enfant sort de chez lui en pleine nuit et entre dans les sous-bois, bottes en caoutchouc aux pieds. Une étrange bête, curieuse et solitaire, l'entraîne au cœur de la forêt à la rencontre des créatures nocturnes qui y vivent. Il s’agit ici d’une rencontre entre deux âmes esseulées à la recherche d’une lumière à laquelle se connecter. Leur lien doux et innocent se reflète parfaitement dans la délicatesse des traits et la justesse des échanges.

Cette soirée aura finalement été une compilation généreuse des meilleurs films de l'édition 2025 : en à peine 76 minutes, ces artistes nous ont fait voyager à travers tout un panel d'émotions, partant d'une ode à la vie et à la mort, traversant tous les âges et toutes les expériences humaines, passant par la joie et le chagrin, pour finir sur une touche de légèreté bien méritée. Une véritable montagne russe émotionnelle — ce qui ne fut point déplaisant. Fait marquant, une majorité des films présentés reposent sur la technique du stop-motion, chacun l'exploitant pourtant à sa manière, ce qui apporte une belle fraîcheur entre chaque court-métrage et évite toute monotonie.
Cette soirée nous rappelle, une fois de plus, la créativité foisonnante des artistes du monde de l'audiovisuel et leur remarquable capacité à transmettre des émotions profondes en l'espace de quelques minutes seulement. Un art qui mérite, assurément, qu'on s'y attarde.
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