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Du 21 avril jusqu’au 7 mai dernier, le Nouveau Théâtre Expérimental et les Productions Jean-Marc Dalpé et leur foule d’artistes collaborateurs ont occupé l’Espace libre pour présenter Kerouac, 100 ans sur la go!, une initiative multidisciplinaire qui voulait rendre hommage au célèbre auteur phare de la Beat generation.
Celui qui aurait fêté ses 100 ans l’année dernière aurait sûrement apprécié le caractère hétéroclite de ce rendez-vous convoqué par un groupe d’artistes canadiens-français. En effet, Jack Kerouac, de son nom de baptême Jean-Louis Lebris de Kérouac, avait lui-même des racines canadiennes-françaises issues de ses parents natifs du Bas-du-Fleuve. C’est un peu dans cette optique de célébrer l’héritage francophone de l’auteur américain, mais aussi dans une volonté de mettre en lumière la francophonie hors-Québec en Amérique que ce projet de grande envergure a vu le jour. Jean-Marc Dalpé, Daniel Brière, Alexis Martin et Guillaume Martel LaSalle ont ainsi mobilisé leurs forces et leurs entourages artistiques respectifs pour mettre sur pied trois fins de semaine d’activités rassemblant un parcours déambulatoire, des projections cinéma, un atelier d’imprimerie et un cabaret en soirée.
Le Cabaret
C’est dans une grande atmosphère de fête et de rencontres que l’Espace libre accueillait son public les soirs de représentations. La salle classique avait véritablement été troquée pour une scène en mode cabaret, avec des petites tables réparties dans la grande pièce. On peut dire que celle-ci était remplie à capacité maximale. Pour la petite histoire, l’auteur de ce texte n’a assisté qu’à une seule des soirées du cabaret, soit celle du 5 mai dernier, donc il est important de clarifier que son expérience n’est que le reflet de la soirée en question.
Didier Lucien et Joanie Guérin à l'animation le 5 mai dernier. Photo: Jean-Christophe Lessard.
C’est sur les sons d’un excellent band jazz qu’on a accueilli les deux personnalités à l’animation de cette soirée: Didier Lucien et Joanie Guérin. Ceux-ci ont fait preuve d’une belle complicité et d’un bon travail dans l’appel dynamique des numéros, mais on pouvait percevoir dès les premières minutes une légère fatigue se dessiner après avoir déjà assumé l’animation de plusieurs représentations. Pour ce qui est des numéros (sans trop rentrer dans les détails parce qu'ils étaient uniques à chaque soirée), ils étaient variés, disparates, contrastés, mais assez inégaux. Si certaines performances semblaient rendre un hommage authentique à l’œuvre de Kerouac, ou alors parvenaient à nous amener dans une compréhension actualisée et novatrice de son travail, d’autres passages ne semblaient qu’à peine effleurer les thèmes qui lui sont rattachés. La route et l’excentrisme en ont eu le dos large. Cela a eu pour effet de créer un rythme saccadé, avec plusieurs longueurs et points morts, mais qui a heureusement été oublié assez vite lorsqu’on regarde la taille colossale de l’hommage qui a été rendu. Parce que même si ça tombait parfois dans une nostalgie facile de la liberté du siècle dernier, même si on ne savait pas toujours où on voulait en venir avec tout ça, on doit quand même lever son chapeau devant l’immense vague d’amour qui a été lancée pour un artiste qui n’est même pas de chez nous, mais qui nous a appris à profiter du paysage de la vie.
Sans aucun doute qu’il se serait lui-même senti chez lui dans ce chaos attachant.
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