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Mattis Savard-Verhoeven est un écrivain et comédien québécois diplômé en interprétation de l’École nationale de théâtre du Canada en 2019. Dans son premier roman intitulé Une certaine tristesse, publié aux éditions La Peuplade en mars 2026, l’auteur donne une voix à Noé, un jeune narrateur d’une grande lucidité. C’est un petit garçon qui ressent tout trop fort, et qui tente de comprendre la perte, la peur, la culpabilité et la violence à travers l’écriture.
À 30 ans, le comédien Mattis Savard-Verhoeven fait le saut du jeu à l’écriture avec Une certaine tristesse, un premier livre habité par une voix singulière : celle d’un enfant sensible qui incarne le témoin inquiet d’un monde en déséquilibre. Comédien de formation, l’auteur était déjà un amoureux de mots et de littérature avant d’entreprendre l’écriture de son roman. « Ce qui m'intéressait surtout dans la formation en jeu, c'était l'idée de passer quatre ans à me frotter à des grands textes, à les lire, les relire, les apprendre par coeur, les analyser en profondeur. C'est ce qui m'intéresse toujours du métier de comédien : c'est le rapport au texte. Ça a été une école extraordinaire pour l'écriture au final », confie-t-il.
Ce passage vers le roman s’inscrit donc dans la continuité de son parcours d’artiste. Dans Une certaine tristesse, le texte est abordé comme une voix que l’auteur cherche à rendre juste, claire, quasi audible à la lecture. L’influence du théâtre se fait naturellement sentir, notamment dans l’oralité de la langue du narrateur. Le roman prend la forme d’une longue phrase sans ponctuation, qui donne accès au flot de pensées effréné d’un jeune garçon en plein questionnements. L’auteur admet d’ailleurs avoir envisagé une possible transposition scénique sous la forme d’un monologue théâtral, mais il précise que l'œuvre devait exister d’abord en tant que roman. « Je voulais qu’elle puisse se promener, et se loger dans le cœur des gens. »
L’auteur mentionne se reconnaître en Noé, un enfant « drôlement intelligent et sensible pour son âge », en qui plusieurs peuvent se reconnaître et s’identifier. « J’étais cet enfant-là. Je l'écris un peu aussi parce que je me sentais redevable à l’enfant que j'étais. », indique-t-il.
À travers son roman, Savard-Verhoeven expose à sa manière la violence du monde, notamment celle omniprésente liée à la crise climatique. Contrairement à son protagoniste, l’auteur a traversé sa jeunesse à une époque plus stable qu’aujourd’hui. De ce constat découlent des questions qui l’habitent tout au long de son écriture : « Qu'est-ce que c'est que d’être enfant aujourd'hui? Comment est-ce qu'on fait pour se projeter dans l'avenir? » Dans un contexte où les jeunes grandissent avec une conscience accrue des bouleversements environnementaux, cette prise de parole devient d’autant plus pertinente et percutante.
Malgré ces chamboulements qui émanent du roman, Mattis Savard-Verhoeven évoque le désir débordant de vivre, inhérent à l’enfance, qui se traduit par le fait d'écrire et de prendre parole. Il parle du geste d’écriture comme un acte d'espoir, tant pour lui que pour son personnage.
Le roman-monologue agit aussi comme un espace où l’enfant prend la parole sans interruption, forçant l’écoute des plus grands. « Quand j'étais enfant, je disais que j'avais hâte de devenir adulte, pour pouvoir être crédible, pour pouvoir participer à la conversation », résume l’auteur. La forme du roman agit ainsi un peu comme une prise d’otage chez le lecteur ou la lectrice.
Mattis Savard-Verhoeven. Crédit photo : Eva Maude TC
Parmi les figures marquantes du récit, celle de la grand-mère occupe une place centrale. Inspirée d'une relation personnelle, ce personnage crée un contraste entre le début et la fin de la vie. Le jeune Noé, hypersensible et atypique, y trouve un réconfort inégalé, une complice de tous les jours, une confidente. « Il y a quelque chose qui me fascine dans cette rencontre-là », explique-t-il. Entre l’enfant et l’aïeule se tisse un lien qui aborde de front les peurs liées à la vieillesse et à la fin de vie, des thèmes que Mattis Savard-Verhoeven juge encore très tabou. « J'ai l'impression qu’on a très peur de ce qui est vieux et de ce qui nous fait penser à la mort. Mais ce petit garçon, Noé, il n'a pas peur de ça. »
Le roman Une certaine tristesse porte bien son nom ; les lecteurices plongent dans la vaste mélancolie du narrateur. L'œuvre ne se complaît pas pour autant dans la peine ; elle tend vers l’espoir et la joie. La littérature, selon son auteur, possède un pouvoir essentiel : celui de briser l’isolement. « Se reconnaître dans un personnage, c’est déjà énorme. Ça peut être un remède contre la tristesse », dit-il.
Pour l’artiste, la suite est déjà en marche : Mattis Savard-Verhoeven travaille actuellement sur un nouveau projet, qui prendra une forme « plus aérée, plus simple, dans le sens le plus noble du terme », tout en cultivant sa fascination pour les thèmes de la vieillesse, de la solitude et de la culpabilité, qui n’ont pas fini de l’habiter.
Quant à Une certaine tristesse, l’idée de le transposer à la scène n’est pas écartée. Une belle étape qui sera dévoilée bientôt attend le projet. Une occasion qui représentera peut-être un premier pas vers une autre incarnation de l’œuvre…
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