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La féminité est un prisme en perpétuelle évolution qui ne s’incarne pas uniquement dans la douceur. C’est aussi la sororité, le travail, la collaboration, la colère, la bienveillance ou encore l’excès : quelque chose d'intérieur, mais aussi de profondément universel. Avec Miel, Geneviève Boulet, Erin O’Loughlin et Laura Toma du collectif LA TRESSE tissent une œuvre spirale et essentielle qui honore la féminité dans toute sa profusion.
« Autant dans la scénographie, dans la musique, dans les costumes, dans les personnages [il y a quelque chose] d'invitant, de savoureux », explique la chorégraphe et artiste en danse Geneviève Boulet, qui a cofondé la compagnie LA TRESSE avec Erin O’Loughlin et Laura Toma, également chorégraphes et interprètes dans l’œuvre.
Miel, c’est aussi permettre aux spectateurs « de se déposer à l'intérieur et de vraiment se connecter à ce qui est plus universel, c'est-à-dire la sororité, le prendre soin, l'expression de la femme dans tout ce qu'elle a envie d'être, la folie, les excès, les fantasmes. »
La pièce est née d’une recherche personnelle, mais constitue aussi une manière d’explorer la mutation constante de la féminité à travers la vie.
Miel prend vie de manière intuitive et instinctive, autrement dit, la pièce est non linéaire. Erin O’Loughlin ajoute qu’il s’agit d’une œuvre spirale, portée néanmoins par une trame narrative inspirée de la déesse irlandaise Gobnait : « On parle beaucoup de shape-shifting, que la femme se transforme et, dans l'histoire de la déesse Gobnait, il y a aussi cette idée [qu'] elle a plusieurs formes ».
Le collectif explique travailler fréquemment avec des archétypes féminins, incarnés ici par les interprètes à travers des figures à la fois singulières et universelles.
Pour cette pièce, les trois chorégraphes ont bénéficié d’une résidence de création en Irlande, sur l’île d’Inisheer, où la figure de Gobnait est venue à elles.
« C'est une île où elle s'est échappée », souligne Erin. « Elle utilisait des abeilles pour transmettre des messages d'un monde à l'autre monde, etc. Mais il y a plusieurs versions de l'histoire, c’est de la tradition orale, il n'y a pas beaucoup d'écrits des mythes d'Irlande », poursuit-elle. Elle précise qu’il y a eu plusieurs réécritures de l’histoire, mais qu’une entité aurait dit à Gobnait : « quand tu vas voir neuf cerfs, ça veut dire que tu es à la bonne place pour faire du bien au monde, pour guérir des maladies », raconte Erin.
Geneviève ajoute que le point de départ n’était pas de créer une pièce sur les mythes irlandais. « On s'est dit “On aime l'Irlande, ça va nous faire du bien, on va être sur une île, ça va être magique”. Puis c'est vraiment le contexte de la résidence qui a fait émerger, dans le fond, l'œuvre. »
Dans le folklore irlandais, Gobnait est la sainte patronne des abeilles et de l’apiculture. Pour Erin et Geneviève, un lien évident se tisse entre la féminité, le miel et, par extension, les abeilles.
« Les abeilles, dans comment elles travaillent ensemble, la manière collective qu'elles ont d'entreprendre, c'est vraiment un miroir pour nous, de comment on collabore. On a poussé ça plus loin dans la physicalité, dans la texture des corps, dans l'énergie et de l'attention », explique Geneviève Boulet. Elle ajoute que la personnification de l’abeille et la physicalité qui en découle ont fortement imprégné l’œuvre. « Puis le résultat d'une collaboration, c'est ce nectar-là délicieux. »
À l’opposé des récits héroïques classiques, où un individu triomphe en sauvant le monde, Miel propose une trajectoire plus spirale de l’héroïne, centrée sur le collectif.
Pour Geneviève, cette collaboration féminine est à la fois particulière et puissante, souvent tenue pour acquise, et relève d’un travail invisible. « Pour nous, c'est une manière de valoriser ça. »
« La féminité, c'est un prisme avec d'infinies facettes, donc je pense qu'il y avait vraiment un désir personnel d'aller puiser à l'intérieur de nous. »
Si le miel évoque spontanément la douceur, la féminité va en réalité bien au-delà.
« C’est comme des constellations qui font la complexité de ce qui est d’être pas juste une femme, d’être humain. Dans ce monde, c’est complexe et ce n’est pas souvent linéaire », affirme Erin, qui cite également le film Hamnet de Chloé Zhao comme « un très bon exemple d'une femme mère dans toute sa complexité d'émotion. »
Avec Miel, le collectif ne souhaite pas faire un commentaire sur la féminité, mais plus mettre de l’avant une œuvre énergétique, imagée, voire onirique, tout en honorant la réalité de ce qu'est être une femme. Selon Geneviève, « un peu comme les contes qui semblent très simples dans leur structure, il y a quelque chose d'universel, d'essentiel, de profond »
« C'est comme raconter une histoire qui a été créée dans une formule plus féminine, mais qui est pour tout le monde », affirme pour sa part Erin.
Les deux artistes en danse souhaitent que l’expérience soit kinesthésique pour le public et qu’il sorte de la pièce en se remémorant une œuvre émouvante et touchante. Miel se veut accessible, tant pour les plus jeunes que pour les adultes.
La pièce rappelle également l’importance d’aborder la féminité aujourd’hui. « On est dans la chute libre d'un système patriarcal qui fait souffrir tout le monde. Où l'abus des femmes est encore dans les premières lignes des nouvelles, mais à des proportions vertigineuses qui donnent mal au cœur. Plus que jamais, je pense qu'on doit lever le voile sur à quel point c'est nécessaire de recentrer la nature et la femme, et par la femme, je veux dire le féminin, c'est-à-dire la collaboration, la coopération, la relation avec l'organique, le partage. [...] Ce n'est pas un rejet du masculin, c'est vraiment de rééquilibrer et dire et “hé ho, ce n'est pas fini!” », martèle Geneviève Boulet.
Miel sera présentée à l’Agora de la danse du 7 au 9 mai 2026.
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