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Le festival d’un jour, dédié à la diffusion de musique expérimentale et de cinéma performatif, OK LÀ!, présentait Still House Plants, Milkweed et Natalia Koziel-Kalliomäk à la Maison de la culture de Verdun (Quai 5160), le samedi 28 mars dernier. Retour sur une soirée franchement lo-fi.
Artiste visuelle et cinéaste d’origine polonaise, Natalia Koziel-Kalliomäk a ouvert la soirée avec une performance à la croisée du film analogique et de l’estampe. Son travail reposait sur une fusion entre image en mouvement et pratiques imprimées, où le dispositif devenait partie intégrante du récit. À la frontière du cinéma et du théâtre, ses créations mobilisaient papier, projecteurs et rétroprojecteur pour construire des formes visuelles immersives.
Natalia Koziel-Kalliomäk, Pieces That Matter (2023)
Le duo britannique Milkweed a ensuite livré une performance saisissante, brouillant les lignes entre concert et art performance. Leur univers, nourri par le paysage, la mémoire et la fragilité, s’ancrait dans une réappropriation des traditions et de la mythologie irlandaises. Sur scène, un banjo joué à l’archet faisait grincer les cordes, tandis que l’utilisation ponctuelle de cassettes accentuait la dimension matérielle du son. Les textures n'étaient pas qu'entendues — elles se ressentaient. Une voix sincèrement bouleversante traversait l’ensemble, ajoutant une vive intensité émotionnelle.
La soirée s’est conclue avec Still House Plants, dont la réputation n’est plus à faire au sein de l’univers de la musique expérimentale. Le trio londonien captivait par une présence nonchalante et une cohésion magnétique. Leur album If I don't make it, I love u, paru en 2024, avait marqué les esprits, notamment avec la pièce d’ouverture M M M. La répétition cyclique des motifs sonores créait un effet hypnotique, porté par la voix irrésistible de Jess Hickie-Kallenbach.
Au final, cette édition de OK LÀ! a su mettre de l’avant une scène résolument libre et inclassable, tissant des liens sensibles entre image, son et performance.
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