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Le 7 avril 2026, j'assistais au lancement du premier EP de Sébastien Côté, Le grand jeu de société, au Verre Bouteille à Montréal. Devant un public attentif et investi, un drapeau du Québec est hissé sur la scène, et ça donne le ton de la soirée : l’ambiance est résolument souverainiste. Pour l'artiste originaire de Cowansville dans les Cantons-de-l'Est, la musique semble être un prolongement de ses convictions intimes et politiques.
Une foule intergénérationnelle composée de proches, de curieux, curieuses et d’initiés, initiées arrive déjà habitée d’un sentiment d’appartenance palpable ; la jeunesse souverainiste est d'emblée interpellée. J’ai senti que l’artiste convie son public à un espace de partage, porté par sa vulnérabilité et ses aspirations politiques.
Diplômé de l’École nationale de la chanson de Granby en 2022, Sébastien Côté propose une musique simple en apparence, qui prend son ampleur avec les instruments qui le soutiennent. Accompagné de Jacynthe Chapleau (violon), de Maude Loue (clavier, voix), de Sébastien Bachand (contrebasse) et de sa guitare, il tisse un univers sonore délicat, où se mélangent poésie, humour, réminiscence trad, avec quelques passages qui frôlent le rap.
Crédit photo : Marie Labbé (graphisme)
Dès les premières chansons, sa voix unique et fragile impose une vulnérabilité qui a son charme. Les textes, parfois répétitifs, misent sur une forme de candeur assumée par l’artiste. Dans ses paroles, les images sont claires : on traverse des portraits de la nature, des amours nourris d’espoir et de tendresse, et des petites vérités du quotidien, dans une légèreté propre à lui.
Après avoir réchauffé la foule avec ses premières chansons, Sébastien Côté nous présente Les Napoléon Bonaparte, morceau qu’il dédie à son proprio avec humour. Avec ce titre, l’artiste aborde frontalement les inégalités économiques dans une balade qui invite autant au rire qu’à la révolte. À travers ce spectacle-lancement, les thèmes de l’effondrement, de l’anxiété et de la santé mentale émergent, toujours dans une forme de lucidité naïve.
On comprend vite que l’artiste est aussi un conteur. Entre les morceaux, il parle beaucoup, blague, se confie dans une nonchalance parfois proche du stand-up comique, et crée une complicité avec son public. Il nomme sa vulnérabilité, la montre sans filtre, et transforme ses hésitations en force scénique.
Musicalement, certains instants me restent plus que d'autres. Les envolées de violon de l’excellente Jacynthe Chapleau donnent une ampleur indéniable à l'univers sonore, ouvrent l'espace. Dans une chanson qui parle de la beauté des Cantons-de-l’Est, où il chante le besoin de ralentir et de rentrer chez soi, le dialogue entre le violon et la contrebasse touche à quelque chose d’apaisant et de doux ; ces moments instrumentaux, libres et habités, comptent parmi les plus beaux du spectacle.
Crédit photo : Marie Labbé (graphisme)
Le thème de l'environnement occupe aussi une place centrale et prioritaire pour l’artiste. Un moment marquant survient lorsque son ami Raph livre un discours autour de la crise climatique de l’ordre du coup de poing dans' face. Puis, dans Je marcherai, la musique reprend à travers des paroles militantes et engagées ; la chanson lie amour et le politique avec authenticité.
Le spectacle bascule vers l’expérience collective avec une chanson à répondre inspirée de la fameuse blague « pet pis répète », qui déclenche rires et participation dans le public. La chanson Les autos jaunes, livrée en solo, révèle la capacité du chanteur à captiver l'audience, dans une humilité surprenante.
Un autre moment fort du lancement est l’intervention de sa fiancée, Rose Lessard. Son monologue frontal articule un discours féministe et souverainiste qui élargit le propos politique et la prise de position assumée du spectacle. Elle termine son allocution en déclarant : « Vive le Québec libre, vive les femmes libres ! »
Avec la chanson Outarde, dédiée à une « première amie indépendantiste, une outarde qui habitait pas loin de chez [lui], sur un lac », la salle entière chante. Comme rappel, il nous présente une chanson autour de l’idée d’« imaginer un monde », et de son souhait qu’on se donne la chance d’être un Québec-pays inclusif, en dialogue avec les peuples autochtones et les anglophones, ouvert sur le monde.
Le projet séduit par sa sincérité, son humilité et sa cohérence, mais il laisse entrevoir un potentiel encore plus grand. Par exemple, l’ajout de percussions pourrait enrichir certaines textures et donner davantage d’ampleur et de relief à l’ensemble. On sent que le spectacle reste volontairement à échelle humaine : on s’y retrouve comme autour d’un feu, dans une proximité très intime.
C’est peut-être ça, la plus grande force du projet. Sébastien Côté cherche à rassembler, et le fait bien. À travers ses chansons imparfaites et habitées, il propose une vision du monde où la douceur, l’engagement et la communauté coexistent. Un projet modeste et ambitieux, qui rappelle que l’avenir du Québec est un grand jeu de société.
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