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L’opéra Jenůfa, du compositeur tchèque Leoš Janáček, a été présenté le 22 novembre à la Salle Wilfrid-Pelletier, pour la première fois à Montréal depuis 1997, avec l’Orchestre Métropolitain dirigé par Nicole Paiement dans la fosse et Atom Egoyan à la mise en scène.
Composé entre 1894 et 1903, Jenůfa est un opéra en trois actes d’une durée de près de deux heures. Il s’inspire de la pièce de théâtre Její pastorkyňa, de la dramaturge tchèque Gabriela Preissová.
Jenůfa est la belle-fille de Kostelnička, une femme pieuse et stricte. Elle est aussi la cousine de Števa, qui lui est le demi-frère de Laca. Toute la famille travaille dans le moulin, propriété de Stařenka, grand-mère de Jenůfa.
Jenůfa est amoureuse de Števa. Aussi est-elle secrètement enceinte de lui, et prévoit l’épouser au plus vite. Mais Števa risque de se faire enrôler dans l’armée et d’être séparé de sa bien-aimée. Laca, lui, aime Jenůfa et est jaloux de Števa. Revanchard et téméraire, il porte un couteau sur lui en permanence.
Surprise agréable pour Jenůfa : Števa est de retour au moulin et n’a pas été conscrit. Cependant, Števa est alcoolique, et Kostelnička, choquée par son comportement, ne veut lui donner la main de sa belle-fille que s’il reste sobre pendant un an.

Laca tente de convaincre Jenůfa de se séparer de Števa au profit de lui. Elle refuse, et, dans un accès de colère, Laca lui taillade la joue avec son couteau.
Cinq mois plus tard, Jenůfa accouche de son fils chez sa belle-mère en catimini. Celle-ci, qui ne peut supporter une telle infamie, n’entrevoit qu’une porte de sortie : elle donne une boisson soporifique à Jenůfa, convoque Števa chez elle et l’implore d’épouser sa belle-fille. Mais Števa a changé d’avis par rapport à Jenůfa. Défigurée par Laca, elle ne lui suscite plus aucun sentiment, et Števa est désormais fiancé avec Karolka, la fille du maire du village.
Laca arrive chez Kostelnička, et celle-ci lui avoue tout. Celui qui convoite Jenůfa ne veut toutefois pas s’occuper de l’enfant de Števa. Alors, Kostelnička lui ment que le bébé est mort. Laca sort.
Tourmentée, Kostelnička commet l’irréparable : elle prend le bébé, sort dans la neige, et le laisse mourir dans le froid.
Jenůfa se réveille après deux jours de sommeil, Kostelnička revient, puis lui annonce la mort du bébé sans en révéler les circonstances, ainsi que la lâcheté de Števa. Jenůfa est dévastée. Laca arrive et demande à Jenůfa de l’épouser. Complètement démunie, elle accepte avec une pointe de lassitude.
Les deux amants organisent une fête de mariage dans la simplicité. Števa et Karolka y sont conviés, de même que de nombreux villageois. L’un d’eux découvre avec horreur le cadavre du bébé. Aussitôt, les doutes se tournent vers Jenůfa. Kostelnička avoue publiquement sa faute. Scandalisée, Karolka rompt avec Števa. Kostelnička est arrêtée.
La pièce se conclut avec Jenůfa et Laca, seuls sur scène, devant affronter un destin incertain à la suite du déshonneur s’étant abattu sur leur famille, mais s’aimant malgré tout.
La production s’est distinguée par son interprétation solide des différents rôles, mais j’ai été particulièrement marqué par celle, exemplaire, de Marie-Adeline Henry, qui joue Jenůfa. La chanteuse lyrique donne vie à un personnage fort expressif. Les moments clés de la pièce, tels que l’entaille dans sa joue et sa lamentation lorsqu’elle apprend la mort du bébé, sont magnifiquement maîtrisés.
La scène finale de la pièce nous fait vivre un instant d’une rare intensité. La musique de l’Orchestre Métropolitain nous plonge dans la solennité, tandis que Laca et Jenůfa, de part et d’autre de la scène, se livrent leur preuve d’amour.

« Ma vie misérable ne peut être liée à la tienne, alors va, mais souviens-toi que tu as toujours été le meilleur de tous les hommes. Bien que tu m’aies délibérément tailladé la joue, je t’ai pardonné il y a longtemps », dit Jenůfa. « Je peux supporter bien plus, bien plus que [le déshonneur] pour toi », lui répond Laca, interprété par Edgaras Montvidas. « Qu’importe le monde si nous sommes ensemble. » Et les deux compagnons de se rejoindre au centre de la scène, et de s’embrasser.
Quant à Števa, joué par Isaiah Bell, celui-ci est merveilleusement tourné en ridicule lorsqu’il arrive sur scène, ivre, en grande pompe, alors que Jenůfa vient d’apprendre qu’il n’a pas été recruté par l’armée.
Jenůfa tente de faire qu’il se rende compte de la portée de la situation, qu’elle est enceinte de lui et qu’il doit absolument se sevrer pour qu’il puisse se marier avec elle. « Arrête ! », lui répond-il sans détour, en ajoutant à quel point les femmes lui sourient toujours. Plus tard, lorsque Kostelnička demande à Števa de venir chez elle, celui-ci doit se faire supplier pour aller voir son bébé. Isaiah Bell incarne l’orgueil et le je-m’en-fichisme de ce personnage à la perfection.
Quant à la musicalité de la performance, l'accompagnement de l'Orchestre Métropolitain se mêle sans effort au propos sur scène : la musique ne cherche jamais à se manifester au premier plan, laissant toute la place aux protagonistes. Les voix des interprètes, elles, chantent toutes avec une précision redoutable. Elles portent aussi suffisamment pour être entendues dans toute la salle, même dans les moments plus tendres. Je me garde de commenter leur diction étant donné que je ne maîtrise pas la langue.
En revanche, en ce qui trait à l’histoire que raconte cet opéra, on ne peut s’empêcher de constater ô combien certains de ses éléments n'appartiennent plus à notre ère. Cela donne lieu à des scènes qui, pour nous, nous apparaissent aujourd’hui lunaires, surréelles.
Je ne ferai bien sûr pas référence à ce moment où, encore en plein choc de la nouvelle de la mort du bébé et de l’infidélité de Števa, Jenůfa se fait aborder par Laca. On ne peut qu’éprouver un profond malaise lorsque cet homme qui, cinq mois plus tôt, l’a agressée se fait récompenser pour son opportunisme, en recevant un « oui » de sa bien-aimée. Comme si cette dernière ne pouvait concevoir l’idée d’avoir une vie épanouie en dehors du mariage avec un homme. Vous l’aurez compris, on est bien loin de la figure archétypique de la femme indépendante tant prisée d’aujourd’hui.
Pour cette raison, malgré l’espoir suscité par la dernière scène, on éprouve de la difficulté à imaginer Laca et Jenůfa construire une nouvelle vie ensemble. L’amour de Jenůfa pour Laca est-il vraiment sincère ?
Pour autant, je vous recommande vivement de donner la chance à cet opéra dont la qualité de la distribution vous enchantera assurément. Deux représentations seront encore offertes le 27 et le 30 novembre.
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