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Dites-lui que je l’aime est un film traversé par l’absence, la mémoire et la filiation brisée. Romane Bohringer y remonte le fil d’une douleur ancienne — celle d’une mère disparue trop tôt — en mêlant sa propre quête à celle de Clémentine Autain. Entre documentaire et fiction, introspection et enquête généalogique, Bohringer signe une œuvre bouleversante, parfois maladroite, mais profondément habitée.
Ce film explore les blessures d’enfance, les héritages invisibles et la difficile réparation des histoires que l’on n’a pas choisies.
Dès les premières minutes, le film affiche une ambition singulière : celle d'adapter un récit déjà chargé de mémoire tout en l’hybridant avec sa propre douleur. En découvrant Clémentine Autain à la télévision, Romane Bohringer reconnaît dans son témoignage les échos de ses propres blessures d’enfant abandonnée. Cette rencontre devient le point de départ d’une exploration à deux voix... du moins en apparence.

Là réside d’ailleurs l’une des tensions centrales du film. Ce qui s’annonce comme une adaptation du livre d’Autain se transforme rapidement en une œuvre avant tout centrée sur Bohringer elle-même. Le récit de Clémentine, socle littéraire et affectif, sert davantage de tuteur narratif que de colonne vertébrale. L’autrice est là, mais en toile de fond, parfois éclipsée par la mise en avant de l’expérience personnelle de la cinéaste. Si ce choix est indéniablement audacieux, il laisse chez certains spectateurs et certaines spectatrices un goût d’indélicatesse : où commence la rencontre et où s’arrête l’appropriation ?
Pourtant, c’est précisément dans cette zone de friction que le film trouve une forme d’honnêteté brute : celle d’une femme qui, pour comprendre l’histoire des autres, commence par fouiller la sienne.
Romane Bohringer s’autorise toutes les hybridations formelles : séances de psychanalyse rejouées, reconstitutions d’enfance quasi télévisuelles, lectures de textes en studio par Clémentine Autain, moments de caméra subjective... Cette liberté de ton donne au film une texture singulière, naviguant sans cesse entre documentaire, fiction et autofiction.

Mais cette richesse formelle est aussi un terrain glissant. Les séances de psychanalyse, censées structurer l’évolution intérieure de la réalisatrice, sont parfois perçues comme lourdes et artificielles, un détour qui casse l’élan émotionnel patiemment construit par le récit littéraire. De même, les scènes de reconstitution, proches du style des docufictions télévisuelles, peuvent paraître convenues.
Malgré ces choix discutables, une intensité émotionnelle traverse l’œuvre et c'est indéniable. Les mots de Clémentine Autain, d’une beauté littéraire incontestable, transpercent l’écran. Le film s’ouvre et se ferme sur cette langue, comme un fil fragile mais solide qui relie deux femmes aux histoires parallèles mais pourtant très similaires.
Dites-lui que je l’aime n’est pas seulement le portrait d’une mère disparue. C’est un geste de réparation. En retraçant le parcours d’une femme effacée par l’histoire, Dominique Laffin (mère de Clémentine Autain), métisse adoptée, victime de violences et d’abandon institutionnel, Bohringer interroge la manière dont les blessures intimes se transmettent de génération en génération. Elle ne cherche pas à glorifier sa propre mère, Marguerite Bourry, dite Maggy Bohringer, mais à réinscrire son absence dans un récit collectif.

Le film s’inscrit ainsi dans une lignée de documentaires autofictionnels au féminin (Little Girl Blue de Mona Achache ou La Mère de tous les mensonges d'Asmae El Moudir, pour ne citer que ces exemples), qui posent l’intime comme espace politique. Il explore l’impact du colonialisme, de la filiation brisée, et de la mémoire fragmentée. Si le dispositif formel manque parfois de retenue, l’émotion, elle, est d’une sincérité désarmante. Dans la salle, nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui pleurent, non seulement touchés pour Romane ou Clémentine, mais pour leurs propres absences.
À la croisée de deux trajectoires douloureuses, Dites-lui que je l’aime est un film profondément imparfait, parfois maladroit dans sa structure mais d’une puissance émotionnelle rare. Romane Bohringer s’y expose sans fard, au risque de brouiller les frontières entre soi et l’autre. Ce flou, loin d’être une faiblesse, devient le cœur battant d’une œuvre qui tente de réparer, de transmettre et de dire enfin l’amour indicible.
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