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Pour cette troisième journée du Festival en chanson de Petite-Vallée, samedi, l’horaire était chargé, débutant avec le lancement d’EP de Dans l’Shed, puis avec France d’Amour et son one-woman-show musical, en milieu d’après-midi. À 20h, Marjo montait sur la scène du Chapiteau pour un concert bien rock, puis le public avait enfin rendez-vous avec Lou-Adriane Cassidy au Théâtre de la Vieille Forge pour terminer la soirée en beauté.
En bref : beaucoup de musique, de soleil et aussi de rires, en particulier avec France d’Amour.
Samedi midi à Petite-Vallée : le public est réuni devant la porte du Shed à Léon pour le premier spectacle du festival du duo Dans l’Shed, de retour pour sa série de performance acoustique. Cette fois, l’occasion est spéciale, puisque le groupe composé d’Éric Dion et d’André Lavergne a sorti pas plus tard que la veille Les écluses, un EP où chaque chanson est une lettre à quelqu'un qu’ils aiment.

Le duo a confié interpréter ces pièces pour la toute première fois sur scène, et même pour la première fois à deux depuis leur enregistrement. Malgré quelques faux départs accueillis avec humour, Dans l’Shed a présenté ses cinq nouvelles chansons, dont C'est pas toujours simple de s'aimer et Un géant fragile, dédiée à feu Gilles Sioui. Le public, attentif et réceptif, a également eu droit à la chanson phare Le pépé du pénitencier, ainsi qu’à une interprétation de Cap-Pelé en compagnie de Juste Robert.
De retour au Théâtre de la Vieille Forge, l’après-midi s’est poursuivie avec France d’Amour à la guitare et Samuel Harrison à la batterie. L’artiste s’est d’abord lancée dans ce qu’on pourrait qualifier de one-woman-show, en contant des anecdotes avec tact, et frôlant parfois le « roast ». La chanteuse s’est montrée spontanée, interagissant souvent avec le public, qui, de son côté, s’esclaffait devant les boutades cocasses de France d’Amour.
Ce spectacle était plus axé sur l’humour dans un premier temps, avec quelques rares chansons entre deux. Si les spectateurs ont semblé apprécier cette approche, une meilleure répartition entre les moments humoristiques et les prestations musicales aurait permis un rendu un peu plus équilibré.

Finalement, dans la deuxième moitié du spectacle, l’auteure-compositrice-interprète a basculé un peu plus sur la musique, proposant d’ailleurs un mashup d’une quinzaine de ses chansons, dont J'ai plus ma place, Solitaire, Si c'était vrai, Je comprends ou encore Le cœur est un oiseau de Richard Desjardins. À la demande du public, elle a également interprété Animal, que les spectateurs ont repris en chœur. En tout cas, si France d’Amour souhaite un jour se réorienter, elle devrait sérieusement considérer l’humour.
Le party a pogné, samedi soir, sous le Chapiteau, pour le concert de Marjo.
La fébrilité était palpable à quelques minutes du début du spectacle, alors que le public offrait déjà une ovation à l'artiste avant même son entrée en scène. Lorsqu'elle est finalement apparue avec fracas, Marjo a donné le ton d'une prestation électrique en ouvrant avec Illégale. Debout, la foule a immédiatement repris les paroles à l'unisson.

« Quel bonheur d'être ici », s'est-elle exclamée par la suite, réitérant sa reconnaissance d’être artiste passeure cette année.
C'est une Marjo survoltée qui a mené la cadence samedi soir, faisant le tour de ses grands titres, comprenant Impoésie, Y'a des matins… ou encore Chats Sauvages qui est accueillie sous les acclamations. Elle a fait lever le public, autant physiquement que vocalement, l'invitant constamment à extérioriser sa joie. Ce fut assurément l'un des moments phares de la soirée, alors que les bras ondulaient sous le Chapiteau.
La soirée, qui s'est déroulée dans un esprit rassembleur, était l'occasion pour chacun et chacune de chanter avec ferveur des chansons qu'il ne connaît que trop bien, comme un karaoké grandeur nature. Le public a retrouvé une Marjo qui s'est déchaînée sur scène. Toutes les générations se sont laissées emporter, dansant, criant et chantant J'lâche pas, Ailleurs ou encore Amoureuse.

Sur scène comme dans la salle, l'énergie circulait dans les deux sens. Le public prend plaisir à écouter de bons riffs de guitare sur lesquels se pose la voix éraillée de Marjo qui a adopté une énergie cosmique.
Après un medley consacré à quelques chansons de son ancien groupe Corbeau (Suite 16, Marche, Cash-moé, Tit Verrat), qui a ravi les plus nostalgiques, c’est toutefois sur S’il fallait que les émotions ont pris le dessus, tandis que les lumières des téléphones se sont élevées dans la salle.
En fin de soirée, Lou-Adriane Cassidy a offert un marathon musical au rythme effréné au Théâtre de la Vieille Forge, devant une salle comble.

L’artiste, qui a conquis le Québec et figure actuellement sur la longue liste du Prix de musique Polaris, a principalement interprété des chansons tirées de Triste Animal, son quatrième album, ainsi que de Journal d’un loup-garou. Elle s’est livrée corps et âme, donnant une performance d’une grande intensité, et, en voyant la cadence se maintenir, on en vient presque à se demander si Lou-Adriane Cassidy ne vient pas d’un autre monde tant elle semble inépuisable. Sans jamais perdre son souffle, elle livre un concert une fois de plus de haut calibre. Un spectacle incontournable, qui donne envie de danser et fait complètement oublier le temps.
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