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Il y a des soirées qui ressemblent à des parenthèses enchantées, des moments où le temps semble suspendre son vol pour nous laisser respirer au rythme d’une œuvre immense. C’est précisément ce que propose le Théâtre de l’Oeil Ouvert (TOO) avec ce théâtre musical original inspiré de l’œuvre et de la vie de Clémence DesRochers.
Plus qu’un spectacle biographique, c’est une incursion intime, presque thérapeutique, dans le jardin de celle qui a su célébrer le quotidien des femmes « ordinaires ».
Le projet ne date pas d’hier, mais il a mûri comme une plante que l’on soigne avec patience. Né d’une résidence en 2019 autour de l’exposition De la factrie au musée, le spectacle a évolué, s’est peaufiné au fil des ans.
Jade Bruneau porte ici les chapeaux de metteuse en scène, productrice et interprète. Elle m’explique en entrevue que cette version 2025-2026 est plus raffinée que jamais : « nouveaux costumes et accessoires, éclairages revisités, pépites textuelles ajoutées ».

À une époque où nos vies défilent à la vitesse d’un TGV, ce spectacle nous force à ralentir, à réfléchir, à nous souvenir… Un vrai spa pour l’âme.
Notez bien que ce spectacle n’imite pas Clémence, mais la fait plutôt résonner avec bienveillance. Jade le dit si bien : « Clémence devient un prétexte pour rendre hommage à toutes les femmes, celles qui sont venues avant, celles qui vont venir après. » Ses textes et chansons, en extraits ou totalité sont tricotés à travers les textes originaux de Laurence Régnier.
Au centre de la scène, on retrouve le jardin qui représente le berceau de l’imaginaire, un « retour aux racines, les mains dans la terre ». C’est d’ailleurs en fouillant littéralement dans ce terreau fertile que Jade en retire des objets souvenirs qui font partie de l’histoire racontée : un verre de vin, un sac d’école, un ancien téléphone ou encore deux écharpes évoquant les parents de Clémence. C’est aussi de ce jardin que surgissent ses personnages mythiques : la grosse Raymonde, Bertha la ronde ou Adrienne la moyenne.
Clémence, « parfait mélange de théâtre, poésie, musique, humour et drame » présente, selon Jade, une dualité fascinante : accessible et populaire, elle est aussi « élitiste d’une certaine façon, parce que son travail est raffiné, intellectuel et pointu ».

L’une des grandes forces de cette mise en scène réside dans son audace : celle de laisser la place aux silences. Ces moments de pause ne sont pas vides ; ils se remplissent de notre propre vécu. C’est un dialogue invisible entre la scène et la salle qui s’installe naturellement.
Pour Jade, ce rythme plus lent nous amène à une introspection nécessaire : « C’est une petite bulle onirique qui guérit. C’est un spectacle salvateur, à une époque où l’amertume et le marasme ambiant prennent beaucoup de place. »
Jade Bruneau est d’une expressivité rare. Cette rencontre avec Clémence en 2019 a été, selon ses propres mots, une véritable « bougie d’allumage » pour sa propre démarche et pour la mission artistique du Théâtre de l’Oeil Ouvert qu’elle a fondé en 2010. Elle avoue d’ailleurs s’être reconnue chez l’artiste, dans ce désir d’adresser les « petites tragédies du quotidien » avec une pointe de mélancolie au fond de l’œil pour mieux les magnifier.
À ses côtés, Simon Fréchette-Daoust, son partenaire sur scène et dans la vie, déploie une polyvalence impressionnante. Il interprète ces hommes qui ont témoigné de l’impact de Clémence — Yvon Deschamps, Luc Plamondon, Michel Tremblay, Marc Favreau, Paul Buissonneau… On sent une proximité palpable entre les deux interprètes qui renforce l’intimité du propos.
Et que serait ce jardin sans le piano de Marc-André Perron, le troisième personnage de la pièce ? Lui qui a l’habitude de diriger de nombreux musiciens et de jongler entre synthétiseurs et percussions revient ici à l’essence. Jade souligne l’importance de ce dépouillement : « On revient au piano et à la voix. Seulement deux voix. C’est épuré. Il y a quelque chose qui, comme Clémence en fait, est très simple. »

Le spectacle n’est pas un défilé de dates. C’est un voyage fluide qui parle des femmes du Québec, de notre langue et de nos enjeux identitaires. Par ses textes dits ou chantés, Clémence a mis sur scène et en lumière ses tantes, ses voisines, des travailleuses, des femmes ordinaires, afin de les rendre extraordinaires.
Quant à nous, dans la salle, on est surpris par un éventail d’émotions au détour d’un texte. Ce fut mon cas et celui de ma cousine, Isabelle qui m’accompagnait : lors de la chanson Deux vieilles, nous imaginions nos deux mères défuntes — des sœurs complices, déambulant au paradis, bras dessus, bras dessous. Oui, mes yeux se sont embués ; mais ces larmes de reconnaissance font du bien.
Jade Bruneau croit à la transmission intergénérationnelle : « C’est le job des artistes de faire durer le patrimoine, le répertoire, l’identité québécoise. C’est un grand privilège pour nous. »
Qu’on soit un fan de la première heure de Clémence DesRochers ou qu’on appartienne à la jeune génération, ce spectacle est une main tendue vers notre identité. C’est un hommage vibrant, engagé et décalé qui prouve que l’art peut encore changer le monde. Une chose est certaine : les fleurs de Clémence ne faneront jamais dans ce jardin-là.

Il ne reste que trois occasions pour se délecter de ce spectacle… avant un retour espéré d’ici quelques années, soit au Zénith de Saint-Eustache le 18 janvier, au Palace de Granby le 24 janvier et au Carré 150 de Victoriaville le 25 janvier 2026.
Je l'ai croisée qu'une seule fois à Radio-Canada. Elle était comme l'image que j'avais d'elle : gentille, réservée, drôle...
Vous aurez compris : je suis tombée sous le charme de Clémence, des fleurs d’enfants pour grandes personnes, comme de toutes les autres productions du Théâtre de l’Oeil Ouvert, d’ailleurs.
On y retrouve des artistes polyvalents animés par une bienveillance constante envers les personnages mis de l’avant. Que ce soit pour Diane Dufresne (Belmont), Rose Ouellette (La Géante) ou la mystérieuse Corriveau, cette compagnie possède un don pour honorer ces grandes femmes qui ont laissé leur trace. Bravo Jade !
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