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Présenté en première nord-américaine au Monument-National de Montréal, le 12 novembre, dans le cadre du festival Cinémania, La femme la plus riche du monde a attiré un public à la fois curieux et conquis. Le film, porté par un trio d’acteurs impressionnants et une mise en scène d’une grande maîtrise, revisite un fait divers français bien connu à travers une approche à la fois intime et romanesque. Dans la salle, le public oscillait entre malaise et tendresse devant cette histoire d’amour improbable entre une milliardaire vieillissante et un artiste fantasque.
Thierry Klifa, réalisateur et scénariste, s’inspire librement de l’affaire Liliane Bettencourt, cette héritière du groupe L’Oréal qui a fait couler beaucoup d’encre par sa relation ambiguë avec le photographe et artiste François-Marie Banier. Mais plutôt que de s’en tenir au scandale, Klifa choisit d’en faire une fable humaine sur la solitude, la reconnaissance et la fragilité des sentiments.
Isabelle Huppert incarne cette femme immensément riche mais désespérément seule, tandis que Laurent Lafitte joue l’artiste charmeur, manipulateur, mais profondément en quête d’amour et d’attention. Le film ne cherche pas la reconstitution fidèle des événements réels : il s’en détache pour mieux explorer les zones grises du désir, de la dépendance affective et du pouvoir que l’argent exerce sur les relations humaines.

Sur le plan de la réalisation, La femme la plus riche du monde est un film parfaitement mené. Klifa signe ici l’une de ses œuvres les plus abouties. La photographie, soignée et élégante, met en valeur les intérieurs feutrés de cette famille de goût.
Le duo Huppert/Lafitte fonctionne à merveille : elle, tout en retenue et en froideur maîtrisée, lui, extravagant, souvent insupportable, mais toujours d’une sincérité désarmante. Lafitte incarne à la perfection cet artiste imbuvable qui fait semblant d’être riche, qui en fait trop. Huppert, quant à elle, joue cette femme pondérée qui, face à lui, se fissure peu à peu, découvre la chaleur du monde et se laisse emporter par un bonheur fragile. Leur relation, à la fois belle et dérangeante, trouve son apogée dans une fin presque tragique, qui laisse un goût doux-amer aux spectateurs.
Marina Foïs, méconnaissable, surprend dans un rôle inhabituel pour elle. Cachée derrière une coupe de cheveux qui masque son visage, elle délaisse son habituelle gouaille comique pour un personnage plus discret, plus intériorisé, mais tout aussi juste. Cette sobriété renforce la tension du récit et révèle une autre facette de son jeu d’actrice.
On comprend aisément les intentions de chaque personnage : personne n’est entièrement coupable ni entièrement innocent. Le film montre avec finesse les dynamiques internes d’une famille déchirée par les apparences, les secrets et les blessures du passé. À première vue, les figures semblent archétypales : la riche héritière, l’artiste opportuniste, la fille jalouse. Mais Klifa les enrichit d’une fascinante complexité. Ainsi, le personnage de Guy, le père, ancien nazi repenti devenu un homme d’une grande bonté, incarne à lui seul le thème central du film : la possibilité de changer, de s’humaniser, malgré le poids du passé. Son regard bienveillant sur sa femme et son entourage donne au film plus de profondeur.

En somme, La femme la plus riche du monde est une réussite : un drame élégant, précis et profondément humain. Thierry Klifa livre un récit à la fois critique et empathique. Le film mérite pleinement d’être découvert sur grand écran, ne serait-ce que pour la performance d’Isabelle Huppert, magistrale, et la justesse du ton de Klifa, toujours sur le fil entre émotion et ironie.
Si l’occasion se présente, ne manquez pas ce film, et profitez-en pour assister aux dernières projections du festival Cinémania, qui se poursuit jusqu’au 16 novembre. Plus d’informations ici.
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