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Dans le cadre de sa tournée Ca$ino pour marquer la sortie de son album du même nom, Baby Keem a livré non pas un, mais deux concerts au MTELUS le 31 mai et le 1er juin 2026. L’artiste a galvanisé ses fans montréalais au rythme de ses nouvelles chansons et de ses plus grands succès. Entre scénographie soignée, moments d’introspection et énergie débordante du public, rien n’est laissé au hasard malgré le thème de la tournée.
Face à une foule dense et impatiente, Baby Keem apparaît sur scène à 21 h 30 dans un décor désertique où trônent une devanture surplombée de l’inscription « Ca$ino » et une plateforme métallique. Le rappeur — qui a grandi à Las Vegas — s’y tient debout. Les jeux de lumière et la fumée ne laissent d’abord deviner que sa silhouette.
L’enthousiasme du public est immédiat : les mains se lèvent et la foule s’anime au rythme du morceau Ca$ino. Dans le parterre, les mosh pits ponctuent la prestation sur des titres comme Circus Circus Freestyle, Booman, et le bien nommé Mosh-Pit. Ces moments d’effervescence collective caractérisent une bonne partie du spectacle.
Le concert laisse également place à des séquences plus calmes et mélodiques. Pour Good Flirts, Baby Keem descend de sa plateforme et se rapproche du public. Les performances de Birds and the Bees, Dramatic Girl et $ex Appeal offrent aussi des moments plus dansants. Tout au long du concert, des animations inspirées des machines à sous et des enseignes lumineuses de Las Vegas illuminent la scène. Une danseuse apparaît également à plusieurs reprises pour enrichir la mise en scène.
L’imposante structure sur laquelle Baby Keem passe une bonne partie du spectacle contribue à une scénographie originale, et cohérente avec l’univers de la tournée. Elle crée cependant une certaine distance avec le public et rend parfois la performance plus statique, ce que certains spectateurs — dont moi — pourraient trouver dommage. Bien qu’il interagisse relativement peu avec la foule, l’artiste, dans un moment de proximité avec ses fans, prend le temps de signer de multiples vinyles sur scène.
Si le nouvel album Ca$ino occupe naturellement une place centrale dans le spectacle, Baby Keem n’oublie pas les morceaux qui ont fait son succès.
Le public s’enflamme dès les premières notes de Orange Soda, le titre qui l’a propulsé sur le devant de la scène en 2019. Les effets visuels se teintent alors d’orange. Un autre moment fort de la soirée survient lorsque l’artiste interprète 16 dans une version enrichie par des arrangements de violon. Dans la salle, des centaines de téléphones illuminent l’espace pour accompagner la chanson.
L’énergie de la performance et de la foule atteint finalement son apogée avec Family Ties, son succès en collaboration avec son cousin Kendrick Lamar.
Le concert se conclut sur une note particulièrement émouvante. Baby Keem rend hommage à sa grand-mère, Sharon Govan, décédée en 2025 et figure centrale de sa vie. Les écrans diffusent alors des images de son enfance en famille.
L’artiste interprète finalement No Blame, une chanson dans laquelle il revient sur sa relation complexe avec sa mère, marquée par son absence durant son enfance, tout en exprimant son pardon et sa compréhension des difficultés qu’elle a traversées.
Après une heure largement dominée par l’énergie pure, cette conclusion plus intime offre un contraste touchant. La fin du concert est cependant assez abrupte. L’absence de rappel laisse une impression légèrement inachevée à une performance autrement réussie.
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