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Dans les propositions abondantes de pièces de théâtre à Montréal, on néglige parfois les petites productions qui se cachent dans des salles moins connues mais qui gagneraient à être vues et entendues. C’est le cas de « Les ombres parallèles », une pièce offrant une perception différente à l’Espace Freestanding Room.
« Et si la lumière se trouvait enfouie dans l’ombre de chacun. »
On n’osait ni bouger ni respirer, de peur de troubler l’atmosphère.
Il y avait environ trente places. Trente chaises rangées, entre quatre murs lugubres. On pouvait toutefois y distinguer un lit, des rideaux et une porte. Jusqu’à ce que non sans peine on comprit que ce fut la noirceur totale, et des pleurs. Des pleurs qui traversaient la pièce et qui nous frôlaient dans l’obscurité. Alors, un visage nous ait apparu meurtri; un visage suicidaire.
On explore et l’on vit une rencontre étrange, dans le noir. Il y a une supposée panne de courant. Une femme avait donné rendez-vous à un homme. Ils correspondaient depuis quelque temps. Ils ont juste une nuit pour se découvrir. Mais qui sont-ils ? Se connaissent-ils vraiment? Pourquoi rester dans le noir? La souffrance, le désir et le deuil sont au cœur de cette œuvre qui met en scène trois personnages plongés dans l’obscurité.
Il y a eu bien quelques fois des moments de clarté, mais la pièce est faite d’ombres et de paroles. Et c’est ce qui était bien, car les sens étaient davantage éveillés. Le jeux des acteurs étant intimement lié au texte, on ne percevait que leur voix. Puis, le spectateur s'habitue à la noirceur et ses mystères. Productions Jardins Sauvages souhaitait que l’obscurité partielle sur scène permette aux spectateurs de vivre autre chose, de les confronter à la noirceur et aux peurs qui les habitent durant 1h15. Juste une nuit pour retrouver la clarté.
« Les Ombres parallèles » a reçu deux nominations, soit pour la meilleure grande pièce dans un petit espace par l’Espace Freestanding Room et l’autre pour le meilleur texte francophone par le Centre des auteurs dramatiques. La compagnie est également fière d’avoir une équipe aux origines diverses, avec Dji Haché, comédienne et directrice artistique des Productions Jardins Sauvages, Patrice Bissonnette, acteur québécois de plus de vingt ans de carrière ainsi que Gilbert Laumord, comédien, musicien, auteur et directeur artistique de la Compagnie Siyaj de la Guadeloupe.
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