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Jusqu’au 21 octobre prochain, la salle intimiste Jean-Claude-Germain au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui reçoit une pièce intimiste écrite par Rachel Graton, et mise en scène par Claude Poissant. La nuit du 4 au 5 est une œuvre pour laquelle son auteure a reçu le prix Gratien-Gélinas 2017, mais c’est aussi et surtout sa première pièce. L’auteure décompose l’agression d’une femme à partir de ses souvenirs fragmentés et de rumeurs portées par les cinq comédiens présents sur scène. Retour sur la création textuelle du dramatique et de l’inconfort, et sur sa traduction scénographique.
Le texte de Rachel Graton est écrit sans didascalie ni ponctuation. Il est écrit sans attribution de rôle, ni même du nombre de personnages*. Il n’est écrit pour personne pour mieux se destiner à tous, à chacun. Il est écrit de façon rigide et fragmentée afin de retranscrire la gravité du fond, celle de l’agression sexuelle.
La mémoire est très questionnée dans ce texte : lorsqu’un événement traumatique survient, la victime doit se souvenir de tout. Son doute crée le doute sur la véracité des faits qu’elle raconte avoir vécus. En société, la façon de se souvenir a une dimension importante: en se souvenant d’un événement traumatique, on éclaire, on met des mots sur la peur, on l’apprivoise. On pense qu’en se souvenant de l’événement, on va éviter qu’il ne se reproduise: c’est le devoir de mémoire. Mais si quelque chose n’a pas de sens, pourquoi tenter de l’expliquer ?
L’aspect social du souvenir est une arme à double tranchant, étant donné qu’aussitôt un souvenir divulgué, il passe d’intime à social. Il ne nous appartient plus. Il est dit, transformable, déformable, interprétable. Il ne nous appartient plus. En attribuant toutes les répliques à chacun des personnages, et aucune réplique à un personnage en particulier, Rachel Graton souligne l’aspect social des souvenirs qui, une fois divulgués, appartiennent à qui veut bien leur donner un sens... n’importe quel sens.

La scène n’est pas face au spectateur, elle est de travers. Ce qui veut dire que si le comédien se tient sur la scène, droit, il n’est pas tout à fait face au public. Cet inconfort semble n’être qu’un tout petit aspect de la mise en scène, mais il est important. Il crée un inconfort pour le comédien, qui, pour se tenir face au public, doit être oblique par rapport à la scène; mais il crée aussi un inconfort pour le public. Une toute petite gêne, mais une toute petite gêne présente tout au long de la pièce. C’est à travers des « détails » comme celui-ci, que Claude Poissant mène sa mise en scène d’une main de maître. Traduire, retranscrire un sentiment qu’on a à la lecture, pour l’adapter à la scène. Sans didascalie ni ponctuation, quel travail !
Nous voilà donc face à cette scène de travers, en compagnie de cinq comédiens, cinq personnages, cinq témoins. Ils sont cinq, mais ils auraient pu être sept, dix, douze, trois. Ils sont cinq hommes et femmes mais elle aurait pu être seule, à monologuer sur les souvenirs de son agression, les rumeurs, le passage à l’hôpital, la douleur. Ils sont un chœur, et les voilà, tous les cinq, s’accaparant à tour de rôle les répliques du père de la victime, du policier, de l’ambulancier, de la voisine, des voisins. S’accaparant à tour de rôle une histoire, une histoire plus grande qu’eux, qu’ils portent à bout de bras, à bout de voix, à bout de silences.
La difficulté dans l’écriture d’un texte comme dans sa mise en scène réside souvent dans le pouvoir de donner au texte et à la pièce une tournure qui coïncide avec le fond du sujet. en.odessa.natashaescort.com Si fond et forme ne font qu’un, l’effet sera dévastateur de par sa proximité avec la réalité, de par la justesse de ce qu’il partage. Pour Rachel Graton et Claude Poissant, dans La nuit de 4 au 5, il semblerait que le pari soit réussi avec brio. La justesse entre les mots, le fond, le jeu des acteurs et celui de la scène, confère à la pièce le pouvoir d’être aussi douce que perturbante, révoltante et réaliste. Initialement à l'affiche jusqu'au 14 octobre au CTD'A, des supplémentaires se sont ajoutées jusqu'au 21 octobre.
*Propos recueillis par l’auteure lors d’une causerie spontanée avec le public à la fin du spectacle le 3 octobre.
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